La ROPPA et la PAFO lancent l’agenda de plaidoyer de Kigali et appellent à une participation accrue des agriculteurs, au développement de l’agrobusiness des jeunes et au renforcement des systèmes alimentaires locaux.
KIGALI, Rwanda: Les organisations paysannes africaines appellent à un changement majeur dans la manière dont les politiques agricoles et alimentaires sont élaborées, exhortant les gouvernements à placer les exploitations familiales et les systèmes alimentaires paysans au cœur de la transformation des systèmes alimentaires en Afrique.
Cet appel a été lancé à Kigali lors du lancement d’un nouvel agenda de plaidoyer par le Réseau des organisations paysannes et de producteurs agricoles de l’Afrique de l’Ouest (ROPPA) et la Plateforme panafricaine des organisations paysannes (PAFO).
L’agenda s’adresse aux gouvernements, aux autorités locales, aux organisations paysannes, à la société civile et aux institutions de recherche, avec un accent particulier sur le renforcement de la consommation locale, des marchés territoriaux, de la transformation locale, de la souveraineté alimentaire, de l’innovation portée par les agriculteurs et de systèmes alimentaires résilients.
La ROPPA a souligné la nécessité d’une collaboration renforcée afin de garantir aux agriculteurs et à leurs organisations un rôle véritable et significatif dans l’élaboration des politiques agricoles et alimentaires.
Les jeunes invités à s’engager dans l’agrobusiness
La première vice-présidente de la ROPPA, Josephine Francis, a appelé à un soutien accru aux jeunes souhaitant se lancer dans l’agrobusiness et tirer parti des opportunités offertes par la production locale.
Elle a déclaré que l’Afrique pourrait tirer des bénéfices économiques importants en encourageant les jeunes entrepreneurs à produire localement des biens actuellement importés.
« Il faut faciliter l’engagement des jeunes dans l’agrobusiness afin qu’ils puissent tirer parti du milliard de dollars américains que les Africains consacrent aux importations en provenance de l’étranger. »
Selon Francis, l’autonomisation des jeunes dans le secteur agricole pourrait contribuer à la création d’emplois, à l’augmentation de la production locale et à la réduction de la dépendance aux importations.
La recherche, un élément clé pour exploiter les opportunités
La présidente de la Fédération des agriculteurs de l’Afrique de l’Est (EAFF), Elizabeth Nsimadala Kwagala, a exhorté les jeunes à mener davantage de recherches afin d’identifier les opportunités et de mieux comprendre les marchés.
« Les jeunes devraient faire beaucoup de recherches afin d’exploiter les opportunités et les marchés. »
Elle a souligné que l’accès à l’information et une meilleure compréhension des marchés agricoles aideraient les jeunes à considérer l’agriculture comme une activité économique plutôt que simplement comme un moyen de subsistance traditionnel.
PAFO: changer la manière dont l’agriculture est présentée aux jeunes
Le président de la PAFO, Phenias Ndlela Gumede, a déclaré que le secteur agricole devait changer le discours autour de l’agriculture s’il voulait attirer davantage de jeunes.
Il a expliqué que les jeunes sont souvent découragés lorsque l’agriculture leur est présentée comme un travail difficile, sans mettre suffisamment en avant les opportunités commerciales qu’elle offre.
« C’est la question que je me posais: comment faire venir les jeunes dans l’agriculture et pourquoi ne s’y intéressent-ils pas? C’est à cause de la manière dont l’agriculture leur est présentée par les agriculteurs, qui leur disent que l’agriculture n’est pas facile. »
Gumede a exhorté les agriculteurs et les acteurs du secteur agricole à présenter l’agriculture comme une activité économique et à communiquer clairement aux jeunes les opportunités qui existent.
« Parlez-leur d’agrobusiness. Parlez-leur des opportunités qui existent dans l’agriculture en tant qu’activité économique et informez-les de la disponibilité des ressources. »
Placer les agriculteurs au centre
L’agenda de plaidoyer de Kigali vise à renforcer la place des exploitations familiales dans les systèmes alimentaires africains tout en favorisant des solutions locales aux défis alimentaires et agricoles.
Les organisations appellent à la mise en place de politiques qui renforcent les marchés territoriaux, la transformation et la consommation locales, tout en soutenant l’innovation portée par les agriculteurs et la souveraineté alimentaire.
Elles estiment que les agriculteurs doivent être des acteurs actifs de l’élaboration des politiques, plutôt que de simples bénéficiaires des programmes gouvernementaux.
Face à la croissance rapide de la population jeune en Afrique, les organisations considèrent l’agrobusiness comme une voie importante vers l’emploi, l’entrepreneuriat et la transformation économique.

NTAMBARA Garleon
RADIOTV 10